jeudi 9 décembre 2010

Fuerza Bruta

Mardi soir (le 30 novembre) nous sommes allés voir un spectacle que j'avais offert à Miguel pour son anniversaire. Ce spectacle s'appelle Fuerza Bruta et s'est joué au Centre culturel de Recoleta. Mes collègues m'en avaient parlé en me disant que c'était génial et qu'il fallait absolument que nous allions le voir. Ils n'ont pas voulu me dire de quoi il s'agissait afin que nous ayons l'effet de surprise. Et en effet ce fut le cas. Ce spectacle est assez indescriptible, il pousse l'homme au delà de ses limites. C'est un mélange de danse, de théâtre, de cirque. Une série de tableaux ont défilé devant nos yeux. 

Fuerza Bruta
Nous ne sommes pas de simples spectateurs, nous sommes acteurs du drame qui se joue autour de nous.
Pas de place assise, tous le monde reste debout. Il ne faut pas avoir peur de se perdre dans la foule.
Un homme attaché à un câble apparaît à une extrémité de la salle. 
Il marche, il court sur un tapis roulant. 


De plus en plus vite. 
Le tapis roulant, cette mini-scène est mobile et vient se mettre au centre de la salle.
Des assistants nous disent gentiment de faire de la place.
L'homme court.
Il traverse le monde qui l'entoure sans pouvoir s'arrêter. 


Il court toujours. 
Les différents éléments, l'eau, le vent, s'acharnent sur lui jusqu'à ce qu'il rencontre la mort. 
Violence.

La musique accentue les sensations que nous ressentons.
L'homme dort, l'homme rêve, il rêve de la jungle, des danseuses-singes dansent sur les murs. 
Les jeux de lumière contribuent à renforcer ce rêve.
Le réveil.
Et c'est de nouveau la course.
Un groupe de personnes se trouve dans une maison en papier et se met à tout casser.


Le décors part en miette.


Les comédiens-danseurs-acrobates se mélangent parmi les spectateurs et viennent semer la zizanie.
Ils jettent leur dévolue sur certains spectateurs et leur cassent un bloc de confettis sur la tête avant de se lancer dans une folle danse avec leur partenaire de la soirée.
Nous sommes au milieu de cette faune et nous nous laissons porter par la folie de ce spectacle.
Le clou du spectacle: une piscine apparaît au dessus de nos têtes et nous laisse apercevoir des nageuses-danseuses formant des figures avec l'eau. La piscine descend et arrive à portée de nos mains. Nous pouvons caresser de la paume de notre main ce spectacle impressionnant. 




A la fin du spectacle, nous sommes aspergés d'eau, bien content de pouvoir se rafraîchir et nous nous mettons à danser au son de la musique folle.
Et nous sommes sortis tout trempés ;)



Ce fût une très bonne expérience que nous avons tous les deux appréciés. Nous avons sans-cesse été surpris par le spectacle qui s'offrait à nos yeux. Si ce spectacle fait une tournée en Europe, je vous conseille d'aller le voir même si vous n'aurez peut être plus le même effet de surprise.
Et si vous voulez avoir plus d'informations n'hésitez pas à aller naviguer sur leur site internet, ils ont pleins de vidéo: http://www.fuerzabruta.net

jeudi 2 décembre 2010

La fête à Harrod's

Chose exceptionnelle: je (Miguel) prends la parole.

Ce w-e a été très sportif. J'avais un tournoi de badminton. Et ça c'est plutôt bien passé puisque j'ai terminé premier de ma catégorie!!! Pour l'occasion, des joueurs de Tandil et Neuquén sont venus à Buenos Aires. Ce tournoi devait être à la base internationale, avec des joueurs venant du Chili, mais pour une raison quelconque, ces derniers n'ont finalement pas pu venir. 

En Argentine pour faire du sport, c'est souvent dans des clubs multisports et privés (pour des questions de sécurité). A Buenos Aires pour pratiquer le badminton, il n'y a qu'un seul endroit. C'est dans le quartier de Belgrano, au club Harrod's Gath & Chaves.


La compétition s'est étalée sur 2 jours (samedi & dimanche). Le vendredi soir, j'ai été à Belgrano, au club Harrod's (mon club de badminton) afin d'aider à l'installation des terrains et autres préparatifs. 
Le samedi, c'était : réveil à 7h00 pour être au club à 9h00 (donc dur-dur). Cela s'est passé à peu près comme sur les tournois que j'ai l'habitude de disputer en région parisienne. Donc j'ai disputé plusieurs matchs et grande première pour moi j'ai eu l'occasion d'arbitrer des rencontres.
A noter que dans notre club évoluent deux joueuses françaises: Virginie (Bad18-Paris 18°) et Mathilde (Grenoble). Ainsi elles deux ont participé tout comme moi au tournoi. 
Dans l'après-midi Cora est venue pour me voir jouer et aussi pour m'encourager.

Miguel arbitrant un match

Un service !!!

Cora & Agustin

Virginie

Mathilde

Nous avons fini vers 20h30 et s'en est suivi un asado (grillades argentines) avec tous les joueurs du tournoi. En ce qui nous concerne, nous avons dû décliner l'invitation. En effet c'était mon anniversaire (hooouuuu !!!!), et nous (Cora & moi) avons préféré passer la soirée uniquement à deux. Nous avons donc été manger japonais dans le quartier chinois (bizarre, non !!!). Et c'était vachement bon !

Asado le samedi soir

Le dimanche, rebelote, de nouveau réveil très tôt, pour être présent au gymnase à 9h00. On commence le double homme. Je joue avec Martìn et ironie du sort, se fut aussi mon adversaire en poule et il le sera aussi en finale. En double je n'ai pas eu le même succès qu'en simple. Notre aventure s'est arrêtée en match de poule.

Harrod's vs Tandil

Concentration!!!

Les adversaires!

Ce dimanche là, un ami de la fac, Patrick, un américain du Wisconsin est venu me rendre visite, et il en a profité pour taper la plume avec moi (juste un tout p'tit peu). Cora était également présente pour me soutenir lors de ma finale acharnée, où j'ai bien failli y laisser mes deux jambes (nan... j'rigole!!).

Miguel et Patrick

Petite photo souvenir

Tel un lion sur le terrain



Miguel vient de gagner la finale

Remise des médailles (avec Martìn, mon partenaire/adversaire)

Photo de groupe

Voici comment s'est terminé mon w-e sportif, très fatigué, des courbatures persistantes 2 ou 3 jours après, mais content du résultat, et surtout d'avoir passé 2 jours avec des copains de jeu vraiment très sympathiques.  Je profite de l'occasion pour vous présenter quelques-uns de mes copains de badminton que vous n'avez pas encore eu l'occasion de voir.

 Tomàs (entraîneur des jeunes)

Miguel & Paul (Guga)

Esteban & Lautaro

Pablo

Roberto (coach - avec son nom écrit sur sa chaise et son maté)

Javier

M.L.

mercredi 1 décembre 2010

Ma routine

Ca fait presque un mois déjà que j'ai commencé à travailler comme bénévole dans une ONG qui s'appelle Fundacion Pro Vivienda Social. Maintenant que je suis un peu plus au courant de ce qu'ils font je peux me permettre d'en parler. C'est une organisation qui a été crée en 1992 avec le projet de permettre aux familles pauvres de Moreno, ville qui se situe dans la banlieue nord-est de Buenos Aires, d'accéder à des crédits pour pouvoir ensuite améliorer leur logement. En effet, c'est en général une population qui a immigré de la campagne vers la ville dans le but de trouver du travail et qui se sont installés tant bien que mal dans les environs de Buenos Aires. L'habitat est informel: ils ont occupés des terrains sans avoir le droit de propriété, y construisant des maisons avec des matériaux de mauvaise qualité. Par ailleurs, ces familles ne font pas partis pour la plupart du marché du travail formel mais plutôt du marché informel ou marché noir. C'est pourquoi il leur est difficile d'obtenir des crédits n'ayant pas de garantie. La Fondation a donc proposé à ces familles d'avoir accès à des micro-crédits, c'est-à-dire des sommes très petites afin de leur permettre de développer leur maison. 
Après avoir travaillé pendant plusieurs années dans ces quartiers et constaté le manque d'infrastructures, la Fondation a décidé de tout mettre en oeuvre pour leur apporter le gaz naturel. En effet, ils n'ont pas accès aux réseaux de gaz qui normalement est une infrastructure fournie par l'Etat. Avec l'aide des habitants des quartiers et par le biais du micro-crédit, la Fondation a pu apporter le gaz dans des quartiers qui n'en disposaient pas. C'est un processus très long et ils ont pour volonté d'étendre leur action et leur méthode à niveau national mais également de mettre en place d'autres projets pour développer ces quartiers défavorisés. 
Pour ma part, je travaille dans le secteur Recherche et Développement, et oui encore de la recherche.. Je suis donc amenée à faire des recherches sur différents sujets qui pourraient amener à mettre en place de nouveaux projets ou à obtenir des financements. En ce moment je travaille sur le thème de la jeunesse car nous travaillons avec des jeunes qui viennent faire un stage à la Fondation: ils apprennent à poser les tuyaux de gaz et étudient les maisons pour trouver la meilleure manière de leur apporter le gaz. Je cherche à savoir si leur travail au sein de la Fondation leur permet de se sentir valorisés dans leur famille et au sein de la communauté. En effet les jeunes constituent un problème assez important en Argentine et en Amérique latine en général. Ils sont la principale victime du chômage, et sont souvent mal perçus au sein de la société, comme étant ceux qui génèrent la violence, ceux qui consomment de la drogue. Je cherche donc à démontrer que la Fondation leur permet une sorte de réinsertion sociale, d'avoir une meilleure vision d'eux-même et d'avoir confiance en l'avenir en leur permettant d'apprendre un travail. Mais également de se sentir utiles au sein de la société et d'être mieux perçus par leur entourage. Je vais donc être amené à interroger ces jeunes qui travaillent bénévolement et qui fournissent une aide très importante à la Fondation afin de savoir comment ils se perçoivent et comment ils perçoivent cette expérience. Je travaille également sur le concept d'éducation populaire. 
C'est un travail qui me plaît énormément et qui m'a permis de faire des rencontres. En effet, il y a pleins d'étrangers qui viennent travailler en tant que bénévoles, l'ambiance est jeune et le projet est très intéressant. C'est super de se sentir utile et d'avoir l'impression de pouvoir aider les autres et de mener à bien des projets. 
Parfois nous allons dans les quartiers pour assister à des réunions avec les habitants et les gens de la Fondation qui travaillent sur le terrain. Je m'y suis déjà rendue deux fois et j'ai pu me rendre compte de la réalité de la pauvreté qui entoure Buenos Aires et pourtant il ne s'agit pas des quartiers les plus défavorisés. Les maisons sont faites de matériaux de toutes sortes, les routes sont souvent en terre battue mais il y a quelques maisons qui sont très bien construites. Cela dépend vraiment des maisons et des quartiers. Lorsque je suis allée aux réunions j'ai pu me rendre compte à quel point ces gens sont impliqués et mettent tout en oeuvre pour faire évoluer les choses dans les quartiers. 
Ces projets ne peuvent être menés à bien sans l'aide et la volonté de ces personnes. C'est intéressant de voir comment les gens démunis n'attendent pas que tout leur tombe directement dans les bras mais au contraire provoquent les changements non pas uniquement pour leur bien personnel mais pour le bien du quartier dans lequel ils vivent. Ce sont en général les femmes qui sont le plus impliqués dans ces projets car elles ne travaillent pas et ont le temps de s'investir. La Fondation est contre l'assistentialisme qui génère le clientélisme.  Elle a au contraire pour but de permettre à ces personnes d'acquérir les connaissances pour leur permettre de mettre en place ces changements à travers des processus de formation.
Si vous voulez plus d'informations sur la Fondation, vous pouvez consulter leur page web www.fpvs.org ou les retrouver sur facebook. Un peu de pub ne fait jamais de mal! Et si jamais l'envie vous prend d'avoir une expérience de bénévole, n'hésitez pas!
Et voici quelques photos de ma visite à Moreno. Certaines photos ne sont pas très nets car elles ont été prises depuis la voiture. Nous avons eu le droit à une visite guidée mais sécurisée.
Moi, devant le panneau de la Fondation!!

"No pase por favor, persona ajena al vivero"
Interdiction de passer aux personnes étrangères à la pépinière
Juste à côté des bureaux de la Fondation à Moreno.

Maquette faite par les élèves-stagiaires que nous appelons "Promotores Constructores"

Quilmes, la bière nationale!

Promenade dans le quartier: on peut voir des maisons qui ne sont pas finies d'être construites.

Le terrain de foot sans herbe, mais terrain de foot quand même

Je crois que c'était à vendre

Les poubelles ne sont pas mises à terre mais sur ces petits portiques.
Je pense que c'est pour éviter que les chiens ne les mangent.

Du coup je travaille tous les jours à la Fondation de 9h à 15h et après j'essaie d'aller à la bibliothèque pour avancer sur mes recherches. Et j'avoue que ce n'est pas évident. Non pas que je ne trouve pas la motivation pour y aller, au contraire. C'est surtout que l'état des archives n'est pas le même qu'en France. Je consulte la presse des années 80. En France les archives sont bien rangées par ordre chronologique dans des cartons et les journaux sont en parfait état. Mais ici les feuilles des journaux sont éparpillées dans le carton tout poussiéreux et sont à moitié déchirées. Autant vous dire qu'ils ne sont pas classés par ordre chronologique. Heureusement ils sont quand même rangés par mois ou par quinzaine. On peut dire qu'au début j'étais un peu désemparée mais une fois la méthode assimilée ça va assez vite. Heureusement les gens de la bibliothèque (je n'ose pas dire archiviste) sont très sympa et à chaque fois que j'y vais, ils veulent savoir d'où je viens, ce que je fais ici, si j'ai déjà visité l'Argentine, si je me plais ici. Il y en a toujours un qui se trouve un parent français. C'est assez marrant. En plus si j'ai une insomnie ou si je ne sais pas quoi faire de ma soirée, ils sont ouverts jusqu'à minuit tous les jours de la semaine.

samedi 13 novembre 2010

San Telmo

Par une belle journée de novembre, nous sommes allés nous promener dans le quartier de San Telmo. Voici quelques photos de ce que nous avons pu apprécier. Nous avons rencontrés plusieurs murs peints au détour de notre promenade. Ce premier mur peint montre des personnalités importantes de l'Amérique latine qui ont joué un rôle en faveur des pauvres et des opprimés. On peut voir Tupac Amaru II qui la révolte indienne contre les colons espagnols au Pérou en 1780. Derrière lui, sur le drapeau rouge il s'agit d'Evita Peron. Et à droite c'est le Père Carlos Mugica qui y est représenté: il s'agit d'un prêtre argentin proche du Mouvement des prêtres pour le Tiers Monde. Il travaillait dans un des bidonvilles de Buenos Aires. Sur la deuxième image on retrouve bien évidemment le Che et à droite une autre représentation de Tupac Amaru II.




"Dans un pays fait de blé, il ne peut y avoir un enfant sans la chaleur du pain"
Une fresque représentant Buenos Aires avec le Rio de la Plata.


Fresque représentant le quartier de San Telmo: le club, le quartier et sa population. Le foot est une vraie religion ici.

Miguel montrant le maillot des Boca Juniors
El club,...
El Barrio y su gente..
Nous continuons notre promenade dans le dédale de rues de San Telmo. 



Plaza Dorrego
Nous découvrons une vieille galerie commerçante déserte composée de trois patios intérieurs en enfilade et qui est considérée comme un monument historique. A mon avis il y a plus d'activité le we!






A l'extrémité du quartier de San Telmo se trouve le parque Lezema et l'Eglise orthodoxe russe.




Eglise orthodoxe russe